La crise sanitaire a contraint le système éducatif américain à s’adapter. Grâce aux nouvelles technologies, ce fut l’occasion de tester de nouvelles méthodes. Le but étant la lutte contre les différents problèmes d’apprentissage.

Une éducation plus individualisée

La crise de la Covid offre une prise de conscience des différents problèmes que rencontrent les élèves. Si certains y voient l’occasion de revoir les méthodes d’éducation.

Selon le programme de l’OCDE, il y aurait une opportunité pendant cette crise. En effet, ce serait l’occasion pour les écoles d’enseigner aux élèves de plus étudier en autonomie notamment avec les progrès technologiques ce qui obligera les professionnels à s’adapter aux changements qui sont engendrés par ses progrès.

D’un modèle « usine » à un modèle « médical »

Il est nécessaire d’adapter la scolarité selon les besoins de chaque élève pour diminuer l’impact des inégalités. En appliquant le même système à tous les élèves, on peut observer que le milieu social influence les résultats individuels. Ainsi, de nombreux établissements ne permettent pas le développement individuel et, de fait, ne font que trier les élèves.

Selon le professeur Paul Reville de Harvard, il faut renoncer à cette « usine », qui donne les mêmes cours dans le même temps. À la place, il convient de développer un modèle plus individuel (modèle médical) qui prend en compte les disparités entre les élèves qui ont parfois des problèmes qui entravent l’apprentissage.

La fin du système de grades

Avant la crise sanitaire, certaines écoles américaines avaient mis en place des groupes multigrades avec des enfants répartis en plusieurs groupes d’âge différents. Cela change du système habituel avec différents grades pour tous les élèves, à l’exception de ceux qui redoublaient.

L’objectif de ce système est d’être plus flexible. Ainsi, on peut aider les élèves à surmonter les difficultés d’apprentissage. Avant la crise sanitaire, selon NWEA, dans certaines classes américaines, il y avait une véritable disparité de niveau entre les élèves qui pouvait aller jusqu’à sept années. Cette pandémie n’a sans doute pas amoindri ses disparités. La tâche de l’enseignant devient donc plus difficile pour dispenser ses cours de la même manière.

Des tutorats et des petits groupes

Il faut aider les enfants à rattraper leur retard dans l’acquisition des connaissances. De nombreux pays optent pour des cours particuliers ou en petits groupes pour venir en aide aux élèves. Au Royaume-Uni, une enquête démontre que 12 heures de cours en tutorat étaient aussi efficaces que 3 mois de cours classiques. C’est pour cette raison que le gouvernement britannique a investi une grande partie des 3 milliards de livres sterling dans le soutien scolaire.

En dehors de l’école

Les enfants peuvent avoir des difficultés en dehors de l’école. Voici comment les écoles peuvent surmonter ce problème : créer des plans de soutien avec des coordinateurs pour chaque élève en traitant les différents problèmes personnels. Avec une base de données, on peut mettre rapidement les élèves en contact avec des services adaptés. Il faudra en informer les parents.

La technologie, moteur d’individualisation

La pandémie devrait avoir pour conséquence une meilleure utilisation de la technologie par les enseignants. L’Institut Christensen affirme qu’avant la Covid-19, l’enseignement par vidéo était possible. Cela réduirait le temps de préparation des cours et améliorerait le temps qu’ils consacreraient à aider les élèves à l’application les connaissances acquises. Cela permet aussi de poursuivre la répartition des tâches mises en place pendant la pandémie, où certains enseignants ont produit des leçons vidéo. D’autres ont aidé les élèves individuellement.

Des écoles virtuelles publiques ?

Beaucoup d’enfants pourraient en bénéficier si une approche unique de la scolarité ne convient pas, et si elle obtient un financement avec des modèles alternatifs. Avant la Covid-19, 30 États américains autorisaient l’inscription dans des écoles virtuelles si le modèle conventionnel ne convenait pas. Cependant, ces enfants seraient laissés pour compte par les entreprises qui gèrent ses écoles. Les districts scolaires publics feraient un meilleur travail. Plusieurs districts y songent déjà.

L’école hybride

La pandémie a contraint le travail des parents à plus de souplesse. Il pourrait y avoir plus de modèles d’enseignement pour les élèves. Dans une école du Colorado, les élèves ne sont tenus d’aller à l’école en personne que deux ou parfois trois jours par semaine (pour ceux qui ont un emploi ou ceux qui ont une activité sportive). Ils apprennent en ligne le reste du temps. David Knoche, le directeur de l’école, pense que le temps est mieux exploité ainsi. Le travail en autonomie libère les enseignants pour aider ceux qui en ont besoin.

En théorie, il n’est pas nécessaire qu’il y ait un parent à la maison. Il suffit d’avoir un espace dédié dans l’établissement. La fondatrice de Bina, une école primaire en ligne, pense que certaines grandes entreprises contribueront pour les enfants de leur personnel, comme un avantage, et même créé des espaces dans leurs bâtiments pour que les enfants puissent apprendre en ligne.

On peut être pessimiste sur la capacité des établissements à s’en sortir. Les enseignants sont épuisés et les rapports syndicats/autorités vont mal. Les parents débordés entre leur travail et leurs enfants peuvent les confier à d’autres pour une durée plus longue. Cependant avec la nécessité, des écoles ont pu s’adapter. Des réformes qui pouvaient autrefois sembler effrayantes paraissent aujourd’hui faciles.

Au de-là des cours, il faut que l’enfant et les parents retrouvent  aussi un sentiment de sécurité, notamment avec la pandémie. Il faut également que l’école reste un lieu de socialisation.

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