Dans un contexte de changements climatiques marqués par des épisodes de canicules de plus en plus fréquents, la question de la gestion du travail lors de ces périodes extrêmes de chaleur est devenue une préoccupation majeure. Le télétravail, devenu courant à la suite de la pandémie mondiale, offre une alternative pour maintenir la productivité tout en préservant le bien-être des employés. Cependant, le passage au télétravail lors de fortes chaleurs soulève un certain nombre de questions juridiques et pratiques pour les employeurs et les employés. Cet article vise à apporter des réponses à ces interrogations, en se basant sur l’expertise d’un juriste spécialisé en droit du travail.
La position de l’employeur en cas de canicule
Face à des pics de chaleur importants, les employeurs se posent des questions sur leurs droits et obligations. Selon les recommandations gouvernementales, il est préférable d’opter pour le télétravail lorsque cela est possible pour éviter une exposition excessive à la chaleur, notamment durant les trajets domicile-travail. Cependant, la mise en place obligatoire du télétravail requiert l’existence de circonstances exceptionnelles ou de force majeure. L’élévation de la température à un niveau de canicule peut-elle être considérée comme une circonstance exceptionnelle ? La question reste ouverte, mais une alerte rouge ou orange pourrait justifier l’usage du télétravail.
Le choix du télétravail par l’employé lors de fortes chaleurs
Les employés peuvent-ils exiger de travailler à domicile lors de températures caniculaires ? La réponse est non. Cependant, ils peuvent invoquer leur droit de retrait s’ils estiment raisonnablement être exposés à un danger grave et imminent pour leur santé et leur sécurité, notamment si l’employeur n’a pas mis en place des moyens adéquats pour lutter contre la chaleur excessive.
Le retour au bureau en cas de chaleur excessive à domicile
Si les conditions à domicile sont trop chaudes pour permettre le télétravail, est-il possible de demander à retourner au bureau ? Que vous travailliez au bureau, à domicile, dans un tiers lieu ou dans un espace de coworking, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer votre sécurité et votre santé. Le souhait de retourner travailler dans un bureau climatisé est donc logique, mais la décision finale dépendra des conditions de mise en place du télétravail au sein de l’entreprise et des dispositions prévues dans l’accord et la charte.
Le dialogue comme clé de la gestion du télétravail et des températures élevées
Dans une situation qui n’est pas strictement réglementée, le dialogue entre l’employeur et l’employé reste la clé pour trouver la meilleure solution. Ils peuvent, d’un commun accord, décider de mettre fin au télétravail et d’organiser le retour de l’employé au bureau. Si le retour au travail n’est pas la solution la plus adaptée, il est également possible de permettre à l’employé de modifier ses horaires de travail.


