Les étudiants en grande école de commerce représentent 3 % de la population étudiante globale. Ces établissements haut de gamme ont la réputation d’être élitistes, c’est-à-dire réservés uniquement aux personnes issues d’un milieu favorable. Qu’en est-il réellement ? Dans cet article, nous exposerons le profil des étudiants au sein des CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles), dont la composition se situe dans la même lignée que celle des grandes écoles de commerce. Nous aborderons ensuite les trois critères principaux permettant d’établir le profil type des étudiants de ces dernières.

CPGE : de quels profils d’étudiants sont-elles composées ?

L’admission des élèves en CPGE fait suite à une sélection sévère. Elle est similaire à celle établie en grande école de commerce. Les sociologues Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron ont étudié leur composition dans les années 1960 et 1970. Il en ressort qu’elle n’a que peu évolué depuis. Les parents de la moitié des étudiants en CPGE sont cadres ou exercent des professions intellectuelles supérieures, alors qu’ils ne représentent que 18 % des travailleurs de France. A contrario, une sous-représentation des enfants d’ouvriers et d’employés est observée. Ils ne sont que 7 à 11 %, tandis que leurs parents ne représentent que 20 à 27 % de la population active. Les élèves boursiers ne sont par ailleurs présents qu’à hauteur de 28 %, contre 40 % à l’université. La moitié des étudiants en CPGE a obtenu une mention Très bien au Baccalauréat, contre 17 % de la population globale, ce qui démontre l’excellent niveau qui y est exigé.

De quelles filières proviennent les élèves de grande école de commerce ?

Chaque année, ce sont près de 10 000 étudiants qui souhaitent intégrer une grande école de commerce suite à leur CPGE. Plus de 50 % des étudiants en grande école de commerce ont précédemment obtenu un Baccalauréat scientifique, avec une moyenne générale d’environ 16/20 à 17/20. Un tiers sont issus d’un Baccalauréat ES (Économique et social), et les élèves en provenance d’une filière technologique ou littéraire sont en grande infériorité numérique. Depuis 2010, quelques places sont cependant réservées aux étudiants titulaires d’un Baccalauréat littéraire.

De quelles CSP sont-ils issus ?

Trois quarts des élèves au sein d’une grande école de commerce ont des parents appartenant à une CSP (Catégorie socioprofessionnelle) très favorisée (65 % d’entre eux) ou favorisée (à hauteur de 9%). Il s’agit notamment de cadres, de chefs d’entreprises et de professions libérales. Seuls 18 % et 8 % des étudiants sont respectivement issus d’une CSP moyenne ou défavorisée. Parmi l’ensemble des étudiants au sein d’un de ces établissements haut-de-gamme, 16 % d’entre eux sont boursiers du CROUS, contre 38 % de la population totale étudiante. Ces chiffres intéressants sont toutefois à relativiser. Les échelons varient de 0 à 7. Un individu en échelon 7 provient probablement d’un milieu précaire, tandis que celui en en échelon 0 fait partie de la classe moyenne. Tous les étudiants boursiers ne sont donc pas issus d’une situation défavorisée. Au sein d’une grande école de commerce, uniquement 30 % des étudiants sont dans ce cas.

De quels départements viennent-ils ?

Les élèves en provenance de Paris et sa région représentent 35 % des élèves de ces grandes écoles, alors qu’ils ne sont que 18 % de la population globale étudiante. Plus l’école est prestigieuse, plus ils sont nombreux. Ils sont, par exemple, majoritaires au sein d’HEC (Hautes études commerciales), à hauteur de 57 %. Des disparités existent au sein même de la région parisienne. Le taux d’accès est plus important à Paris, dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine (15%), comparativement à l’Essonne, au Val-de-Marne, la Seine-et-Marne et le Val d’Oise (6 à 8%). Le taux d’accès en Seine Saint-Denis est faible et n’est que de 4 %.

Quelles solutions pour un meilleur accès ?

Plusieurs programmes ont été mis en place dans les années 2000 afin de faciliter l’insertion d’étudiants issus d’un milieu populaire. Ils peuvent prendre plusieurs formes, dont le tutorat. L’ESSEC en a été l’initiateur en 2002. « Pour l’égalité des chances d’accès aux formations d’excellence » est la première charte rédigée à ce sujet. La CGE (Conférence des grandes écoles) en est signataire depuis 2005. Le label « Les cordées de la réussite » a également été créé par le gouvernement en 2008. Une majorité de grandes écoles de commerce y adhèrent désormais. Le paiement des frais de scolarité des élèves boursiers est une autre option, ce qui est notamment le cas de l’IMT-BS. Lors des admissions, des places sont réservées à divers profils. Ces phénomènes restent cependant très marginaux et ne modifient pas de manière significative la composition de ces écoles.

Le profil des étudiants en grande école de commerce peut être établi en fonction de trois critères. Les résultats scolaires en font partie, et l’importance des mathématiques y est toujours prépondérante. Le milieu dont ils sont issus joue également un rôle essentiel, ainsi que leur département d’origine. Les parisiens y sont largement majoritaires. Ces établissements ne sont, en outre, pas les seuls à subir ces inégalités. Les filières de droit et de médecine, pourtant proposées à l’université, sont particulièrement touchées. Cet article vous a-t-il intéressé ? Si vous avez des questions ou des observations à nous transmettre, n’hésitez pas à commenter ci-dessous !

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