Selon une étude récente de l’APEC, 8 jeunes cadres sur 10 ont une image positive du salariat, principalement en raison de son caractère protecteur. Cependant, cette étude met en lumière les attentes des jeunes cadres et les défis à relever pour adapter le salariat à leurs aspirations.

La perception du salariat chez les jeunes cadres

Les aspects positifs du salariat

L’étude révèle que 80% des jeunes cadres de moins de 35 ans ont une bonne image du salariat, principalement associée à des termes tels que « sécurité », « stabilité » et « confort ». Les principaux avantages du salariat sont la garantie d’un salaire régulier (60%), les congés payés (42%), la protection sociale (40%) et les avantages sociaux (32%).

Avantages au salariat
Avantages au salariat

L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle

Les jeunes cadres sont particulièrement soucieux de pouvoir concilier vie personnelle et vie professionnelle. 92% d’entre eux considèrent cet aspect comme important, dont 54% le jugeant essentiel. Ils estiment que le salariat est la forme d’emploi qui permet le mieux de trouver cet équilibre (56%), contre 26% qui estiment que le travail indépendant est plus adapté à cet objectif.

L’évolution et la socialisation au travail

Les jeunes cadres apprécient également la possibilité de travailler de manière collaborative (59%) et de se former pour monter en compétences (associé davantage au salariat qu’au travail indépendant). Le salariat semble donc répondre aux attentes des jeunes cadres en matière d’évolution professionnelle et de socialisation.

Les inconvénients du salariat et l’ouverture au travail indépendant

Les limites du salariat

Cependant, les jeunes cadres identifient également des inconvénients au salariat, tels que la nécessité de composer avec une hiérarchie (35%), le manque de liberté (34%) et le déficit de reconnaissance (34%). De plus, 28% des jeunes cadres considèrent le salariat comme routinier, et 57% ressentent souvent ou parfois de l’ennui dans leur vie professionnelle, un chiffre supérieur à celui de leurs aînés.

Inconvénients au salariat
Inconvénients au salariat

L’attrait pour le travail indépendant

Près de 4 jeunes cadres sur 10 (37%) déclarent qu’ils pourraient à l’avenir renoncer au salariat sous certaines conditions, et 15% indiquent même qu’ils préféreraient travailler à leur compte (entrepreneuriat, freelancing, activité libérale, etc.). Ces proportions sont plus importantes que parmi les cadres plus âgés. De plus, les jeunes cadres sont plus nombreux à avoir une bonne image du travail indépendant (86%), comparé aux cadres plus âgés (73% des 35-54 ans et 68% des 55 ans et plus).

Les jeunes cadres associent davantage la liberté, l’autonomie et la flexibilité au travail indépendant. Ils estiment que ce mode de travail est plus adapté à leurs attentes professionnelles en termes d’autonomie (62%), de prise d’initiatives et de décisions (61%), et de liberté dans l’organisation du travail (57%). Ils considèrent également que le travail indépendant permet de trouver plus de sens à son travail (53%), de relever des défis (50%) et d’éprouver du plaisir dans le travail (41%).

Les attentes des jeunes cadres et l’évolution du salariat

Les aspirations des jeunes cadres

Nombre de jeunes cadres souhaitent voir le salariat évoluer en s’inspirant des « bons côtés » du travail indépendant. L’étude de l’APEC distingue 4 sous-groupes de jeunes cadres aux attitudes et désirs différents :

  1. Les fidèles au salariat (29%) : Travaillant souvent dans de grandes entreprises, ils considèrent que le salariat répond à leurs besoins en termes de sécurité et d’équilibre de vie. Ils sont peu enclins à se tourner vers le travail indépendant et attendent peu d’évolutions du salariat.
  2. Les adeptes d’une combinaison optimale (26%) : Ceux-ci ont souvent déjà expérimenté une mobilité professionnelle importante, touchant à la fois des activités salariées et non-salariées. Ils déplorent que le salariat ne leur fournisse pas davantage d’opportunités financières ou professionnelles. Ils souhaitent ainsi trouver un équilibre entre le travail salarié et le travail indépendant, et encouragent le développement de l’intrapreneuriat.
  3. Les promoteurs d’un salariat novateur (23%) : Bien qu’ils apprécient le salariat, ils sont néanmoins affectés par la monotonie, un rôle perçu comme limité et la lenteur des processus au sein des entreprises. Malgré leur rémunération satisfaisante, ils considèrent qu’il serait trop risqué d’abandonner leur statut de salarié. Ils aspirent donc à ce que le salariat s’inspire des aspects stimulants du travail indépendant pour évoluer.
  4. Les déçus du salariat (22 %) : en quête d’épanouissement professionnel. Ce groupe se compose de jeunes cadres insatisfaits du manque de reconnaissance dans leur emploi actuel. Ils ne sont pas très optimistes quant à la capacité du salariat de se renouveler. Ils envisagent plutôt de devenir indépendants pour répondre à leur besoin de flexibilité et à leur désir d’épanouissement professionnel. Cette attitude est davantage adoptée par les jeunes cadres sans enfant, sans prêt immobilier, et travaillant dans des TPE-PME.
attentes des jeunes cadres
Attentes des jeunes cadres

L’avenir du salariat : souplesse et évolution professionnelle

Malgré les différences d’attachement au salariat, les jeunes cadres partagent des attentes communes pour l’avenir de ce statut. Ils aspirent principalement à plus de souplesse dans l’organisation du travail. En effet, 45% d’entre eux estiment qu’une plus grande flexibilité pour concilier vie personnelle et vie professionnelle les inciterait à rester salariés – un pourcentage plus élevé que chez leurs aînés (37 %). Si le télétravail a été perçu comme une avancée majeure, il n’a pas totalement répondu aux attentes des jeunes cadres en matière de flexibilité.

De meilleures perspectives salariales (32 %) et un accès plus important à la formation (22 %) sont également des facteurs clés pour donner aux jeunes cadres l’envie de rester salariés. Ils souhaitent également bénéficier de plus d’autonomie et pouvoir participer davantage aux décisions au sein de l’entreprise.

Le salariat doit évoluer pour répondre aux attentes des jeunes cadres

En somme, les jeunes cadres expriment leur souhait de voir le salariat évoluer en s’inspirant des « bons côtés », réels ou supposés, du travail indépendant. Les attentes des jeunes cadres en matière de flexibilité, d’évolution professionnelle et d’autonomie sont fortes, et le salariat doit s’adapter pour rester attractif.

Si le salariat parvient à intégrer ces aspirations, il pourrait continuer à séduire les jeunes générations et maintenir sa position dominante sur le marché du travail. Dans un monde professionnel en constante évolution, les entreprises devront redoubler d’efforts pour répondre aux attentes des jeunes cadres et conserver leur capital humain. En effet, ces talents sont essentiels pour assurer la compétitivité et l’innovation des organisations.

Les entreprises devront donc envisager de nouvelles approches en matière de gestion des ressources humaines, notamment en termes de flexibilité, de formation et de développement professionnel. Des politiques favorisant la mobilité interne, l’intrapreneuriat et le travail collaboratif pourraient également être mises en place pour créer un environnement de travail stimulant et répondre aux aspirations des jeunes cadres.

En définitive, l’étude de l’APEC met en lumière l’importance pour les entreprises de s’adapter aux nouvelles attentes des jeunes cadres pour préserver leur attractivité en tant qu’employeurs. Les organisations qui sauront relever ce défi pourront continuer à attirer et retenir les meilleurs talents, assurant ainsi leur succès futur.

Étude « Jeunes cadres et salariat : appréciation d’une forme d’emploi et désir d’évolution« , Apec Mars 2023. Cette étude a été réalisée grâce à deux enquêtes distinctes :

  1. Enquête en ligne (octobre 2022) auprès d’un échantillon représentatif de 650 jeunes cadres du secteur privé de moins de 35 ans, en tenant compte du sexe, de l’âge, du secteur d’activité, de la taille de l’entreprise et de la région.
  2. Enquête en ligne effectuée entre novembre et décembre 2022 auprès d’un échantillon de 1 000 à 2 000 cadres, représentatif des cadres du secteur privé en fonction du sexe, de l’âge, du secteur d’activité, de la taille de l’entreprise et de la région.
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