Alors que la crise sanitaire a mis à mal l’économie du pays, plusieurs centaines de milliers d’emplois ont été créés entre janvier et début juin 2021, principalement par le biais du régime de la micro-entreprise. En effet, près des deux tiers des créations d’emploi sur le territoire l’ont été sous ce régime. En période de crise, de plus en plus de personnes touchées par un licenciement ou la difficulté de rejoindre une entreprise existante ont décidé de franchir le pas et de lancer leur propre affaire. Il y a près une augmentation de plus de 50% de création de microentreprises par rapport à la même période l’année précédente.

Zoom sur ce phénomène qui remet la France sur les rails et pourquoi de nombreux actifs, plus ou moins jeunes, se lancent dans l’aventure.

Un boom de la création d’entreprise porté par les micro-entrepreneurs

Le régime de la micro-entreprise bénéficie d’un régime social et fiscal simplifié que est parfait pour le lancement d’une activité quelle qu’elle soit, avec de nombreux avantages et une simplification dans la rédaction des statuts et du référencement de l’entité. Dans la mesure où ce régime permet de ne payer des charges que sur le chiffre d’affaires obtenus, cela minimise les risques de pertes et permet aux entrepreneurs de prendre le temps de bâtir un socle solide dans le cadre du développement de leur affaire.

Ce n’est donc pas un hasard si une bonne partie de la création des emplois s’effectue au travers de la micro-entreprise. Si le chiffre d’affaires ne permet pas de dépasser les 72 600 euros, il est très avantageux pour commencer et c’est un gage d’indépendance dans ses choix de développement, de prospection, de rythme de travail et de périmètre d’intervention.

On constate également que de nombreuses personnes licenciées lors de la crise de la Covid-19 se sont lancées dans la création d’une micro-entreprise pour rebondir et se repositionner sur le marché de l’emploi. Ce boom est conjoncturel selon Monique Sentey, déléguée générale de L’Union des Auto-Entrepreneurs, qui souligne que de nombreuses personnes de toutes générations et de tous secteurs d’activités se sont retrouvées sans emploi et que les difficultés pour retrouver un job au sein d’une entreprise les ont conduits à se mettre sous le statut d’indépendant. Que ce soit dans le baby-sitting, la livraison de plats, la restauration, le courtage, l’informatique ou la comptabilité, beaucoup ont pu trouver un moyen de rebondir en proposant des services sur mesure à des coûts intéressants pour les PME et grandes entreprises.

Il faudra vérifier s’il s’agit d’une tendance éphémère et qu’après la révolution digitale (de nombreux commerces et petites entreprises ont dû créer un site marchand et s’adapter au travail à distance pour survivre pendant la crise), cela se confirme ou si la création de ces micro-entreprises se tassera.

Un régime flexible et sans risque pour pallier à la destruction d’emplois due à la crise sanitaire

L’avantage principal d’une micro-entreprise est la possibilité de faire un chiffre d’affaires nul sans avoir de charge à payer. En période de confinement ou au démarrage d’une activité, cela s’avère efficace puisque le créateur peut prendre le temps de prospecter avec son entreprise référencée sans être pris à la gorge par ces charges qu’il aurait dû payer sous un autre régime. Cela minimise les risques d’endettement et la destruction de structure à cause de délais supplémentaires avant de décrocher sa première affaire.

Autre élément clé, se mettre sous le régime de la micro-entreprise permet de préserver son patrimoine et sa famille en cas de difficulté. Il est plus simple de liquider une structure sous micro-entreprise qu’une SAS, par exemple. Avec les difficultés économiques, la possibilité de retrouver une activité sans perdre de temps et sans passer par la case CV et recrutement apporte une bouffée d’oxygène tout en octroyant une certaine liberté dans l’organisation de ses horaires et son mode de travail.

Dernier point important, n’importe quel profil peut se lancer en tant qu’auto-entrepreneur car il existe aujourd’hui de nombreuses solutions d’accompagnement dans un parcours entrepreneur.

Des profils de tous types qui se lance dans la micro-entreprise pour tenter leur chance

On retrouve tous types de profils chez les créateurs de micro-entreprise. Jeunes cadres, personnes avec peu de qualification, seniors qui ont perdu leur emploi, professions intermédiaires qui souhaitent se reconvertir dans une autre activité plus porteuse en débouchés… On constate également que des personnes qui étaient en poste ont décidé de démissionner pour lancer leur propre affaire afin de voir d’autres horizons. Également, il n’est pas rare que des micro-entrepreneurs soient également salariés d’une entreprise et utilisent leur structure comme complément de revenus.

La micro-entreprise comme un tremplin temporaire

Il est également intéressant de constater que chez les micro-entrepreneurs, beaucoup s’attendent à changer de structure au bout de quelques années en prévision d’un chiffre d’affaires de plus en plus importants. Au-delà d’un certain montant, d’autres régimes sont plus intéressants fiscalement et favorisent la création d’emplois. La micro-entreprise est vue plus comme un tremplin vers la construction d’une entreprise en expansion qu’une finalité.

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