Une hausse alarmante des défaillances d’entreprises

Le deuxième trimestre de l’année 2023 a été marqué par une augmentation significative des défaillances d’entreprises en France, une tendance alarmante mise en évidence par le cabinet spécialisé Altares. Une hausse de 35% sur une année a été enregistrée, soit le chiffre le plus élevé depuis 2016. Au cours de cette période, entre le 1er avril et le 30 juin, 13.266 procédures de liquidation, redressements judiciaires et procédures de sauvegarde ont été déclenchées, menaçant environ 55 000 emplois.

L’impact sur l’emploi

L’augmentation du nombre de défaillances d’entreprises a eu un effet dévastateur sur l’emploi. Le nombre d’emplois menacés par ces défaillances a bondi de 82,3% à 55.700 au deuxième trimestre 2023, un chiffre largement supérieur à la moyenne décennale de 42.609 emplois menacés par trimestre. « Dans ces conditions, le nombre d’emplois menacés atteint 55 700, un seuil qui n’avait plus été approché depuis le 2ᵉ trimestre 2014 », a précisé le cabinet Altares.

Les TPE et PME sont les plus affectées

Thierry Millon, directeur des études chez Altares, a souligné l’impact particulièrement préoccupant sur les très petites entreprises (TPE). « Plus de neuf procédures sur dix concernent des TPE (entreprises de moins de 10 salariés), dont les trois quarts sont immédiatement liquidées », a-t-il déclaré. Les PME et ETI ne sont pas non plus épargnées, avec une augmentation de 55% des défaillances sur un an, soit plus de 1.100 d’entre elles en défaut.

Des secteurs d’activité divers affectés

La crise n’épargne pas certains secteurs d’activité. En effet, ceux en lien direct avec les consommateurs, tels que l’habillement, les soins et la coiffure, ont été particulièrement touchés. Par contre, le secteur du bâtiment semble encore réussir à maintenir des niveaux inférieurs à ceux d’avant la crise de la Covid-19.

Des perspectives de stabilisation ?

Malgré cette situation critique, des lueurs d’espoir subsistent. En effet, les jeunes entreprises, âgées de moins de trois ans, semblent mieux résister à la crise, avec 1.657 entreprises en défaut, soit un nombre nettement inférieur aux 2.000 procédures ouvertes au cours du deuxième trimestre 2019, avant la crise du Covid-19. Par ailleurs, Altares estime que le taux de défaillances pourrait se stabiliser au cours de la deuxième moitié de l’année. « Après 28.500 défaillances à la mi-année, le second semestre pourrait alors compter environ 26.000 défaillances », prévoit Thierry Millon.

En somme, bien que la situation reste préoccupante, des signes de stabilisation pointent à l’horizon. Toutefois, il est crucial de rester vigilants, car la crise économique engendrée par la pandémie de la Covid-19 continue de faire sentir ses effets sur l’emploi en France.

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