D’après le récent rapport du Projet Sens, une association de dirigeants qui se sont donné pour mission de remettre le sens au cœur du travail, près de deux tiers (66 %) des cadres du privé sont submergés par la paperasse et l’administratif dans leur travail quotidien. Ce phénomène pourrait être un des facteurs majeurs expliquant pourquoi 43 % des travailleurs envisagent sérieusement de changer d’emploi dans les deux prochaines années pour un travail qu’ils estiment plus porteur de sens.
Publié le jeudi 22 juin, le rapport intitulé « Du sens à l’ouvrage : comprendre les nouvelles aspirations dans le travail » met en évidence le nouveau visage de la relation des travailleurs avec leur emploi. En plein contexte de crise sanitaire, avec des préoccupations écologiques qui ne cessent de croître et une baisse du chômage, les Français semblent plus que jamais vouloir concilier travail et sens. Certaines personnes se sentent appelées par une mission écologique, d’autres cherchent simplement à obtenir plus d’autonomie et à participer davantage dans leur travail.
Une dégradation significative du rapport au travail
Le rapport dévoile qu’une femme sur deux, un manager sur deux et près de 60% des moins de 35 ans envisagent sérieusement de quitter leur emploi dans les deux ans pour un autre travail plus épanouissant. Plus intéressant encore, les salariés qui attribuent un sens à leur travail ont trois fois plus de chances de rester fidèles à leur entreprise.
L’étude du Projet Sens révèle également une dégradation marquée du rapport au travail au fil du temps. Si en 1990, le travail était un élément essentiel de la vie pour 60 % des actifs, cette part n’est plus que de 21 % en 2022. Parallèlement, la rémunération qui n’était le premier critère de motivation que pour un tiers des actifs (33 %) en 1993, est désormais en tête des priorités pour 45 % des travailleurs. Fait marquant, 54 % des sondés considèrent le travail comme une contrainte plutôt qu’un épanouissement, une tendance qui s’est inversée par rapport à 2006.

Le défi de l’allègement des contraintes administratives et de l’augmentation de l’autonomie des salariés
Le rapport pointe un décalage significatif entre la perception des salariés et celle des dirigeants sur le sens du travail. Alors que 90 % des salariés estiment qu’il est important, voire essentiel, que leur entreprise les aide à trouver un sens à leur travail, seuls 14 % des dirigeants affirment vouloir s’y engager, tandis que 85 % n’envisagent pas de le faire, soit parce qu’ils ne considèrent pas cela comme important (23 %), soit parce qu’ils estiment l’avoir déjà fait (62 %).
Pour tenter de résoudre ce problème, le Projet Sens lance un manifeste incitant les organisations d’entreprises à favoriser la rencontre entre les aspirations individuelles et l’utilité sociale. L’association recommande notamment d’écouter les propositions des salariés sur la réalité de leur travail, de diminuer les contraintes administratives et les processus de décision pour renforcer leur autonomie. De même, elle invite à identifier les facteurs qui empêchent de bien faire son travail et à offrir des perspectives d’évolution à ceux qui en sont dépourvus, notamment par le biais de l’enrichissement des missions, la gestion des parcours et la formation.
Projet Sens, qui regroupe dix entreprises majeures (Groupe ADP, AG2R La Mondiale, Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Dassault Systèmes, MAIF, Orange, Groupe RATP, Renault Group, SNCF et Veolia) représentant un million de salariés, a mené cette étude en collaboration avec les managers, salariés et DRH de ces entreprises.
Source : Projet Sens


