La pandémie mondiale a fait voler en éclats les modes de travail classiques et traditionnels.

Ces mois d’isolement et de confinement ont mis à mal la situation française dans ce domaine. Des disparités marquantes sont apparues et le Sénat, chambre de réflexion, s’est penché sur les questions posées, afin d’y apporter réflexions et propositions.

Une commission Sénatoriale, présidée par Mr. Le sénateur Serge Babary, vient de rendre compte de ses travaux sur le sujet, après un nombre respectable de séances de réflexion sur le thème des modes de travail. Les sénateurs formulent 15 propositions, articulées autour de quatre axes essentiels. Nous allons, dans cet article, tenter de dégager les grandes lignes de cette somme de réflexions.

Bouleversements causé par le Télétravail

Alors que la France était largement à la traîne dans ce mode, par rapport à la moyenne européenne, la brutale exigence de la pandémie a bouleversé les anciennes habitudes. C’est un véritable électrochoc qu’a subi le monde du travail.

Aujourd’hui, 86 % des gens ayant expérimenté le télétravail par obligation, disent vouloir continuer à le pratiquer au domicile.

Le télétravail refonde les paradygmes classiques, autour du travail des indépendants. Ce statut bouscule celui de salarié et tous les rapports Entreprise-Salarié sont à reconsidérer. Dans le même temps, 2 entreprises sur 3 qui se créent, sont justement des microentreprises.

Pour les jeunes générations adaptées à l’outil informatique, Pole Emploi prévoit que les jeunes actifs devront changer de 13 à 15 fois d’employeurs durant leur vie professionnelle. La flexibilité couplée à la maîtrise de l’outil numérique, va donner naissance à une nouvelle race de travailleurs : « les Slasheurs ». Ce sont des indépendants très qualifiés, exerçant plusieurs métiers à la fois.

Pour les moins qualifiés, les Seniors en particulier, le Sénat envisage la mise en place de mesures d’accompagnement, afin de ne pas les couper petit à petit, de l’évolution technologique. Il convient de faciliter leur embauche avec des exonérations de charge, liées à un cycle de formation numérique, leur permettant de rester dans le flux de l’évolution technologique.

Si les jeunes et les seniors sont concernées par ces remises en question, les chefs d’entreprise des PME ne sont pas vraiment épargnés . Les sénateurs ont constaté que leurs conditions de travail se sont considérablement dégradées durant la crise sanitaire. Ils ont de plus en plus tendance à dépasser les 70 heures de travail et ils subissent, de plein fouet, la faillite de leur entreprise comme un échec personnel. Il convient donc de veiller à leur équilibre de santé. Gare au Burn out.

Enfin, dernier point, mais non le moindre, la nécessité de repositionnement du statut des Indépendants. 

Aujourd’hui, qu’est-ce qu’un indépendant ? Qu’est-ce qu’un microentrepreneur ? Différence avec le salariat ?

De plus en plus de Travailleurs Indépendants subissent une forte sensation d’isolement :

  • envahissement de la sphère privée par la sphère professionnelle,
  • Culpabilisation globale,
  • contrôle accru,
  • stress…

Les Indépendants sont, par définition, moins encadrés et ne se sentent pas protégés par une dimension collective.
Après ce tour d’horizon, non exhaustif, sur les réflexions générales, voyons de plus prés les grandes lignes des propositions sénatoriales.

Les 4 grands axes des propositions du Sénat

1 ) Une Synergie entre les territoires et les modes de travail.

La première des mesures consistant à supprimer les zones blanches hors des accès de diffusion numérique. Ainsi le télétravail pourrait être possible sur 100 % du territoire.

Encourager de différentes façons la création et l’équipement de lieus dédiés au travail partagé( coworking). Ceci permettrait le regroupement de plusieurs indépendants, pouvant travailler ailleurs que chez eux dans de parfaites conditions.

2 ) Assurer une équité entre travailleurs

Exiger du gouvernement une redéfinition du statut juridique des Indépendants. Le but suivant étant d’étudier d’apporter aux indépendants, peu ou prou, les avantages des salariés en matière de couverture sociale, de garantie de revenu, de chômage et de retraite.

3 ) Encourager le développement des outils en faveur de l’emploi

Améliorer les conditions de travail des salariés des plateformes numériques.
Favoriser l’organisation de groupements d’employeurs.
Mise en place d’un « plan Senior » (allègement des cotisations sociales, abondement par l’État du compte personnel de formation, assouplissement des conditions de recours au portage salarial).

4 ) Prévention de la santé au travail

Sensibilisation aux risques pour les managers de PME.
Une campagne d’information à destination des Travailleurs indépendants sur la santé au travail.

En tenant compte du fait que ce rapport d’information sur les modes de travail, a été présenté à la séance du Sénat, en date du 08/07/2021, on mesure à quel point, sur ce sujet important.

Ne reste plus qu’à souhaiter, à présent, que le gouvernement à son tour et les ministères concernés par ces thématiques importantes, puissent trouver le temps, de mettre en place les réponses législatives, permettant de concrétiser les travaux du Sénat. De cette façon, nous pourrons combler nos lacunes et retards divers, sur l’Europe du Travail et nous trouver à la hauteur des autres pays.

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